La montagne, avec ses paysages grandioses et son air pur, attire les randonneurs en quête d’aventure et de déconnexion. Mais où passer la nuit pour profiter pleinement de l’expérience ? Que vous soyez adepte du confort ou de l’aventure pure, les options sont nombreuses. We Rando vous guide à travers les différentes possibilités d’hébergement en montagne, avec leurs avantages, inconvénients, et des astuces pour préparer au mieux votre séjour. Le guide complet pour une nuit réussie
1. Les refuges gardés : Le confort en altitude
Les refuges gardés de moyenne altitude ou de haute montagne sont des haltes prisées des randonneurs, offrant souvent une ambiance conviviale et des services appréciables. Il en existe plus de 1000 dans l’arc alpin. Les possibilités de s’y rendre, l’altitude, le nombre de lits et les services présents sont très variables en fonction des massifs, des cultures et de la facilité d’accès.
France : La Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne (FFCAM) gère environ 120 à 125 refuges et chalets. Si l’on inclut les autres types d’abris et structures gérés par d’autres entités, le nombre total de refuges ouverts au public en France est estimé à approximativement 300. La base de données collaborative refuges.info recense quant à elle plus de 8 000 « points » (incluant cabanes, abris non gardés…).
Suisse : Le Club Alpin Suisse (CAS) possède et entretient 153 cabanes qui peuvent accueillir simultanément 9000 personnes.
Italie : Le Club Alpino Italiano (CAI) dispose d’un réseau de 716 installations, incluant refuges gardés et bivouacs en haute altitude. Un chiffre plus spécifique de 309 refuges est parfois cité pour les refuges gardés.
Autriche : L’Österreichischer Alpenverein (ÖAV), le Club Alpin Autrichien, gère approximativement 255 refuges. Certains guides mentionnent plus de 500 refuges de montagne en Autriche, ce qui pourrait inclure d’autres types d’abris ou des refuges privés. Il est également à noter que le Deutscher Alpenverein (DAV – Club Alpin Allemand) possède un certain nombre de refuges en Autriche (environ 183).
Ces chiffres peuvent varier légèrement en fonction de la source et de la classification (refuges gardés, non gardés, bivouacs, chalets, etc.).
Avantages :
- Un confort minimum : Lits (souvent en dortoir), couvertures, repas chauds (petit-déjeuner et dîner), occasionnellement les douches (souvent payantes et limitées).
- La sécurité : Présence d’un gardien expérimenté, capable d’informer sur les conditions météo et de conseiller les itinéraires.
- Une ambiance conviviale : Partage d’expériences avec d’autres randonneurs, possibilité de rencontrer des professionnels de la montagne les gardiens.
- Les services : Possibilité d’acheter des boissons, des snacks, et parfois du matériel de première nécessité.
Inconvénients :
- Le prix : Plus coûteux que d’autres options.
- La réservation obligatoire : Essentiel compte tenu du nombre de places limitées, surtout en haute saison.
- L’affluence : Peuvent être très fréquentés, surtout à proximité des itinéraires populaires.
- Moins d’autonomie : Horaires de repas fixes. Il y a toujours une salle hors sac pour les réchauds dans les refuges CAF.
Où trouver l’information sur la disponibilité :
- Sites des fédérations (la FFCAM, le Club Alpin Français, et les Parcs Nationaux et notamment la Vanoise).
- Sites web des refuges individuels.
- Centrales de réservation en ligne (https://www.gites-refuges.com/www/centrale_reservation.htm)
Bon à savoir : Les gardiens de refuges entretiennent souvent un réseau informel et très réactif avec les bergers et les habitants locaux. Si une place n’est pas disponible en ligne, un coup de fil direct au gardien du refuge peut parfois débloquer une situation, notamment si des désistements de dernière minute ne sont pas encore reportés sur les plateformes. N’hésitez pas à les appeler en direct !

2. Les gîtes d’étape : L’accueil villageois
Souvent situés en vallée ou dans des villages, les gîtes d’étape sont idéaux pour les randonnées en étoile ou comme point de départ/arrivée d’un trek. Ils offrent un hébergement collectif de qualité pour les randonneurs, les voyageurs, les pèlerins… En zone rurale, en montagne ou même en ville, ils ses sont énormément développés et sont près de 4000 en France.
Avantages :
- Plus de confort : Chambres individuelles ou petits dortoirs, douches chaudes, parfois cuisines équipées.
- Les services : Restaurants, paniers pique-nique, conseils sur les itinéraires locaux.
- L’accessibilité : Souvent plus facilement accessibles en voiture ou transport en commun.
- L’immersion locale : L’occasion de découvrir la vie des villages de montagne.
Inconvénients
- Loin des sentiers d’altitude : Nécessitent parfois un déplacement pour atteindre le début des sentiers.
- Moins ambiance « haute montagne » : cadre et atmosphère différentes de celles des refuges d’altitude.
Où trouver l’information sur la disponibilité :
- Offices de tourisme locaux.
- Sites web dédiés aux hébergements (par exemple : Gîtes de France, Clévacances).
- Annuaire des hébergements sur les sites des Parcs Naturels Régionaux.
Bonne idée : Les propriétaires de gîtes, souvent des familles locales, connaissent des sentiers « secrets » ou des coins de nature préservés qui ne figurent pas sur les cartes classiques ni sur les applications de randonnée. N’hésitez pas à leur demander conseil pour une randonnée hors des sentiers battus, ils adorent partager leurs « trésors » locaux.
3. Les cabanes gardées ou non gardées et les bergeries : L’authenticité montagnarde
Moins connues que les refuges, ces structures gardées offrent une expérience plus rustique et authentique. Les bergeries peuvent aussi parfois accueillir des randonneurs.
Avantages :
L’authenticité : Immersion dans la vie pastorale ou montagnarde.
- Moins de monde : Souvent moins fréquentées que les refuges classiques.
- Un contact humain privilégié : Échanges uniques avec les bergers ou les habitants.
Inconvénients :
- Le confort très sommaire : Literie très basique, pas toujours de sanitaires.
- La disponibilité incertaine : Ne sont pas toujours ouvertes au public.
- L’accès : Parfois difficiles à trouver, information parcellaire.
Où trouver l’information sur la disponibilité :
- Le bouche-à-oreille.
- Renseignements auprès des offices de tourisme locaux.
- Sites participatifs (ex: www.refuges.info).
- Parfois mentionnées sur des cartes IGN très détaillées symbole cabane
A noter : La qualité de l’eau à proximité des cabanes est rarement indiquée en ligne. Cependant, les locaux et les habitués du secteur savent quelles sources sont fiables, et lesquelles peuvent être à risque (présence de bétail en amont, par exemple). Le meilleur moyen de s’informer est de questionner les randonneurs rencontrés sur le sentier qui reviennent de la zone où vous comptez passer la nuit afin d’éviter de véritable cauchemar. N’oubliez pas que la sécurité et la bonne préparation sont essentielles pour profiter pleinement de l’aventure.
4. L’hébergement insolite : Une nuit mémorable
De la yourte au tipi, en passant par les cabanes perchées ou les bulles transparentes, l’hébergement insolite se développe aussi en forêt et en montagne.
Avantages :
- Expérience unique : Nuit inoubliable et originale.
- Dépaysement : Rompt avec les hébergements traditionnels.
- Confort varié : Peut aller du très rustique au très luxueux.
Inconvénients :
- Prix élevé : Souvent plus cher que les options classiques.
- Disponibilité limitée : Nécessite une réservation très anticipée.
- Moins adapté aux longs treks : Souvent situés en « base de vie » plutôt qu’en altitude.
Où trouver l’information sur la disponibilité :
- Sites web spécialisés dans l’hébergement insolite.
- Offices de tourisme.
- Plateformes de réservation en ligne.
Une idée : Certains propriétaires d’hébergements insolites proposent des « pack survie » ou des initiations à la vie en pleine nature pour accompagner l’expérience. Ces services, rarement mis en avant sur leurs sites, peuvent inclure des conseils sur la faune locale, la reconnaissance des plantes comestibles ou la construction d’un feu. Demandez directement si des activités d’immersion sont possibles lors de votre réservation.

5. Le bivouac (refuge bivouac, tentes, abri divers) : La liberté absolue
Le bivouac, c’est l’art de passer la nuit en pleine nature avec un abri léger (tente, tarp) ou en utilisant des éléments naturels (grotte, abri sous roche). Le « refuge bivouac » est un concept plus structuré avec des emplacements dédiés et parfois des points d’eau.
Avantages :
- Une liberté totale : Choisissez votre emplacement (dans le respect de la réglementation), vos horaires.
- Une immersion maximale : Une connexion profonde avec la nature.
- La gratuité : Hormis l’investissement dans le matériel.
- La flexibilité : S’adapte à l’itinéraire et aux imprévus.
Inconvénients :
- Une préparation essentielle : Nécessite un équipement adapté (tente, sac de couchage, réchaud, nourriture, eau).
- Un confort sommaire : Dépend du matériel et des conditions météo. Le poids des équipements est un critère important.
- La réglementation : Le bivouac est strictement encadré dans de nombreux massifs (souvent autorisé entre 19h et 6h, hors parc national).
- La sécurité : Exposition aux intempéries, animaux sauvages.
Où trouver l’information sur la disponibilité :
- Pour la réglementation : Sites des Parcs Nationaux, Parcs Naturels Régionaux, mairies des communes traversées.
- Pour les emplacements : Cartes IGN, guides de randonnée, forums spécialisés.
La technique du « spot de moustiques ».
Contrairement à ce que l’on pense, les moustiques en montagne ne sont pas répartis uniformément. Ils ont tendance à se regrouper dans des zones très spécifiques, souvent liées à la présence d’eau stagnante (même une petite flaque), à des zones d’herbes hautes et humides, ou à des creux de terrain où l’air est plus lourd.La technique consiste à faire un « tour d’écoute » de votre zone potentielle de bivouac. Marchez lentement en cercle sur 20-30 mètres autour de l’endroit que vous avez repéré, arrêtez-vous régulièrement, et écoutez. Si vous entendez un bourdonnement, même faible, cela indique une forte concentration. Éloignez-vous pour trouver le spot paradisiaque.
En conclusion : Préparez votre nuit !
Quelque soit votre choix, la clé d’une nuit réussie en montagne réside dans la préparation, la visualisation du ou des emplacements potentiels de bivouac depuis chez soi, la recherche de cabanes grâce aux cartes IGN ou google earth, la réservation d’hébergement insolite ou de places de refuge… Renseignez-vous scrupuleusement sur l’hébergement, la météo, l’itinéraire et les réglementations. Et n’oubliez jamais que la montagne est un environnement fragile : respectez la nature, laissez le lieu propre après votre passage, et partez toujours bien équipé et informé.