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Les Français sont partis cet été, mais pas comme prévu. Séjours plus courts, destinations plus proches, réservations plus tardives : la nouvelle étude d’ADN Tourisme et G2A Consulting, publiée le 15 septembre 2026, dessine un été de débrouille. La randonnée en est sortie renforcée, mais aussi bousculée par la chaleur, les incendies et l’affluence sur les sentiers mythiques. Voici le bilan de la randonnée été 2026 et ce qu’il faut en retenir pour préparer 2027.
Été 2026 : ce que dit l’étude ADN Tourisme
74 % des Français sont partis en vacances entre juin et septembre, mais 57 % ont modifié leur projet initial et seuls 43 % ont réalisé exactement le séjour imaginé au printemps. La cause principale est le budget : 85 % des Français se disent inquiets pour leur pouvoir d’achat, soit 17 points de plus qu’au printemps.
Trois enseignements comptent pour les randonneurs :
Des réservations de dernière minute. 37 % des vacanciers ont réservé leur hébergement plus tard que d’habitude.
Des séjours plus courts et plus proches. 60 % des séjours principaux durent une semaine ou moins, et 16 % des vacanciers sont restés dans leur région ou leur département, contre 6 % envisagés au printemps.
Un rééquilibrage des destinations. La mer reste en tête (55 %) mais perd du terrain, tandis que la campagne, la ville et la montagne progressent.

Randonnée : le bon plan des petits budgets
Quand 62 % des vacanciers ont le sentiment de se restreindre, en rognant sur la restauration, les loisirs payants et les déplacements, la randonnée a un avantage évident : elle est gratuite, elle peut se pratiquer à la journée et elle offre une variété intéressante d'hébergements (bivouac, camping, gite...). Le déplacement avec la hausse des carburants est aussi un critère et il est possible de trouver un massif où pratiquer la randonnée pas trop loin de chez soi, partout en France. C’est notre lecture de l’étude, qui ne mesure pas la rando directement. Les chiffres régionaux vont dans le même sens.
En Auvergne-Rhône-Alpes, les professionnels du tourisme placent la randonnée pédestre et les balades en tête des activités recherchées (56 % des citations), devant le vélo (37 %) et les activités liées à l’eau (36 %). Ils estiment aussi que la clientèle régionale représente 39 % de la fréquentation estivale, soit 4 points de plus que l’été précédent.
La montagne, valeur refuge… mais prudence
La montagne a bien tiré son épingle du jeu. En Auvergne-Rhône-Alpes, 65 % des professionnels des stations de montagne jugent l’été favorable. Dans les Pyrénées, le réseau N’PY a enregistré 241 010 passages au 31 août, soit +3,9 % sur un an, portés par la randonnée, la contemplation des paysages et le VTT. Les stations profitent aussi de leur image de refuge face aux fortes chaleurs.
Mais randonner par forte chaleur n’a rien d’anodin. Une vague de chaleur s’est installée sur la France depuis la mi-juin 2026, et les professionnels le disent : oui, on peut randonner, à condition d’adapter ses habitudes. Dès 1 500 mètres d’altitude, les conditions deviennent souvent nettement plus confortables. Côté secours, les CRS de Gavarnie recommandent des parcours ombragés près de cours d’eau et environ une bouteille d’eau par heure de marche.
En haute montagne, la canicule change aussi la donne : fin juin, il faisait environ 10 °C à 4 000 mètres dans le massif du Mont-Blanc, avec des crevasses plus ouvertes et des ponts de neige moins fiables. Ce n’est pas un hasard si 32 % des professionnels de la région citent le changement climatique comme un frein à leur activité cet été, contre 11 % en 2025.
Nos 5 réflexes pour randonner quand il fait chaud
- Partir à l’aube et être rentré avant la mi-journée.
- Choisir un itinéraire ombragé, en forêt ou près de l’eau.
- Viser l’altitude (idéalement au-dessus de 1 500 m).
- Boire régulièrement, avant d’avoir soif.
- Renoncer si le thermomètre et l’orage s’en mêlent : la sortie sera là l’an prochain.
Sentiers fermés, incendies : comment vérifier avant de partir
L’été 2026 a rappelé que la nature peut fermer la porte. Depuis le 12 juillet, un incendie exceptionnel a parcouru plusieurs milliers d’hectares en forêt de Fontainebleau, entraînant la fermeture de secteurs entiers. En Ariège, une portion du GR10 a été fermée, et en Corse, le refuge de Vallone a été évacué, sans oublier l'immense incendie dans le sud ouest.
Pour savoir comment vérifier si un massif est fermé pour risque d’incendie, il n’existe pas de carte nationale unique. Chaque préfet fixe par arrêté les dates et les règles, par exemple du 15 juin au 15 septembre 2026 dans le Vaucluse. Dans le Sud, chaque massif reçoit une couleur chaque jour (vert ou jaune : accessible, orange : restreint selon le département, rouge : interdit), publiée la veille en fin d’après-midi.
Le bon réflexe : consulter l’arrêté préfectoral du département, l’office de tourisme ou la commune la veille du départ, et ne jamais s’engager dans un massif signalé comme fermé.
Refuges : peut-on réserver à la dernière minute ?
C’est la grande question de l’été. Le comportement de réservation a changé : côté hébergeurs d’Auvergne-Rhône-Alpes, 30 % de l’activité estivale provient de réservations de dernière minute, près de 3 points de plus que l’été précédent.
En refuge, la réalité est plus nuancée. Les refuges les plus connus de Haute-Savoie affichent souvent complet dès le printemps, mais d’autres ont encore de la place en plein août, notamment en sortant des itinéraires les plus populaires. Astuce à retenir pour trouver un refuge à la dernière minute : une nuit en milieu de semaine est bien plus facile à trouver qu’un samedi. Dans les Alpes, le pic de fréquentation des refuges s’étend de la mi-juillet à la mi-août, avec un conseil de réserver plusieurs mois à l’avance.

Tour du Mont-Blanc : vers une réservation obligatoire en 2027 ?
Le Tour du Mont-Blanc illustre la saturation : l’itinéraire attire environ 80 000 randonneurs par an. Le maire de Saint-Gervais-les-Bains plaide pour une limitation de l’accès dès le printemps prochain, avec contrôles et sanctions, et les communes françaises concernées préparent une règle imposant de réserver un refuge ou une zone de bivouac autorisée. Précision importante : à la mi-août, il s’agissait d’un projet en cours d’élaboration, pas d’une règle en vigueur. Sur la voie normale du Mont-Blanc, les refuges du Goûter et de Tête Rousse sont fermés temporairement depuis le 11 août 2026 pour risque de chutes de pierres.
Secours en montagne : la rando en première ligne
Dans les Alpes-Maritimes, le bilan estival compte 138 interventions pour 157 personnes secourues, avec la randonnée pédestre à l’origine d’environ 71 % des opérations. Le profil évolue : la part des jeunes randonneurs et des touristes étrangers est en hausse. Au niveau national, un rapport de la Cour des comptes avait relevé une hausse de 54,5 % du coût des interventions depuis 2012 ; le ministre de l’Intérieur a toutefois annoncé que l’organisation actuelle des secours serait maintenue.
Le message des secouristes est simple : la préparation (itinéraire, météo, eau, équipement) évite la plupart des appels.
Septembre-octobre : l’arrière-saison, le vrai bon plan
Bonne nouvelle pour ceux qui n’ont pas pu partir cet été : l’arrière saison est idéale. 61 % des professionnels d’Auvergne-Rhône-Alpes s’attendent à une fréquentation stable ou en hausse en septembre, et en Haute Maurienne Vanoise, septembre offre le calme de fin de saison et des mélèzes dorés. Moins de monde, des températures plus clémentes, des refuges plus accessibles : c’est le moment de la randonnée en arrière-saison.
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Points clés
- L'étude d'ADN Tourisme révèle que 74 % des Français ont pris des vacances cet été, mais 57 % ont modifié leurs projets.
- La randonnée s'affirme comme une activité accessible financièrement, avec de nombreux randonneurs optant pour des séjours courts et proches.
- Les professionnels de la montagne notent que les conditions d'été sont favorables, mais il est crucial de randonner prudemment en cas de forte chaleur.
- La saison d'arrière-saison en septembre-octobre apparaît comme une belle opportunité pour les randonneurs, offrant calme et températures plus clémentes.
Sources :
- ADN Tourisme / G2A Consulting, Les Français et leurs vacances d’été 2026 : https://www.adn-tourisme.fr/vacances-ete-2026/
- Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme, bilan été 2026 : https://pro.auvergnerhonealpes-tourisme.com/barometre-conjoncturel-bilan-ete-2026/
- La Semaine des Pyrénées (N’PY) : https://www.lasemainedespyrenees.fr/hautes-pyrenees-pyrenees-atlantiques-dans-les-pyrenees-un-ete-en-hausse-avant-le-grand-retour-du-ski
- FFRandonnée, incendies et fermetures : https://www.ffrandonnee.fr/s-informer/actualites/incendies-soyez-prudents-vigilants-et-respectez-les-fermetures-de-sentiers
- FFRandonnée, accès aux massifs : https://www.ffrandonnee.fr/s-informer/actualites/l-acces-aux-massifs-forestiers-est-reglemente-en-ete






