Vue splendide sur les glaciers des Ecrins depuis le plateau d'Emparis
Publié le 29 Mar, 2026

5 conseils pour démarrer le dessin de montagnes

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Vous aimez pratiquer la randonnée de manière occasionnelle ou régulièrement. Avez vous avez déjà eu envie de sortir un carnet de dessin au sommet afin d’ immortaliser la vue, mais une petite voix vous a soufflé que vous n’étiez « pas assez bon » ? C’est exactement cette idée que combat Léa Thévenot, graphiste indépendante et accompagnatrice en moyenne montagne à Grenoble. Pour aller plus loin, elle a même lancé quatre stages rando croquis ouverts à tous pour partager ses techniques. Sa conviction : tout le monde peut dessiner un paysage de montagne. Il suffit de savoir par où commencer.

1/ Ne pas attendre le résultat : profiter du chemin

C’est le conseil le plus important et aussi peut être le plus difficile à intégrer. Avant même de poser le crayon sur la feuille, Léa insiste sur un changement d’état d’esprit fondamental : on ne dessine pas pour produire quelque chose de « beau ». On dessine pour regarder. Observez d’abord. Contemplez. Puis posez le crayon sur la feuille , et faites-vous confiance.

Cette phase d’observation, qu’on a tendance à court-circuiter par impatience, est en réalité la moitié du dessin. Prenez le temps de vraiment regarder le panorama devant vous. Quelle est la forme générale des crêtes ? Où tombe la lumière ? Quelles sont les zones d’ombre ? Ce travail d’observation active une forme de concentration qui ressemble, dit-elle, à une méditation. Ce qui compte au final, c’est le plaisir de regarder et de tracer une ligne sur la feuille.


« J’aime dessiner en montagne, car c’est finalement plus simple qu’il n’y parait. Il suffit de regarder et de dessiner ce que l’on voit. Pas d’autres questions à se poser. C’est un acte plutôt méditatif …

Léa Thevenot, graphiste indépendante à Grenoble et Accompagnatrice en moyenne montagne

Lea Thevenot, accompagnatrice en moyenne montagne et diplomée des Beaux Arts ©Antoine Corcket

2/ Cadrer son paysage avec les doigts

Devant un panorama de montagne, le premier réflexe est souvent de vouloir tout mettre dans le dessin, toutes les crêtes, toutes les vallées, tout le paysage que l’on voit : C’est en fait un piège. Le paysage est infini et la feuille ne l’est pas.

La première étape technique consiste donc à cadrer : former un rectangle avec ses deux mains, pouces et index joints, et l’utiliser comme un viseur. Et avec ce viseur, on tourne le buste pour choisir un angle, une zone, un sujet. Prenez le temps de choisir le visuel qui vous intéresse en plus. Ce cadrage simple transforme une immensité incontrôlable en une scène délimitée, gérable, dessinable, comme la feuille ou le carnet que vous avez comme support. Une fois le cadre choisi, ne bougez plus de place !


3/Définir les plans pour hiérarchiser le paysage

C’est là que beaucoup de débutants se perdent : ils essaient de tout dessiner en même temps, avec le même niveau de détail, du premier plan jusqu’à l’horizon.

La clé est de contempler le paysage pour décrypter des profondeurs de vue différentes, pour définir les plans. On a toujours rien dessiner sur sa feuille mais on a construit mentalement les plans successifs. Au minimum deux plans (avant et arrière) mais souvent trois ou quatre. Et surtout : ne pas confondre le nombre d’éléments visuels avec le nombre de plans. Si vous avez sept collines devant vous, ça ne fait pas sept plans différents. Dans ces stages croquis, Léa vous aide à définir ces précieux niveaux de profondeur : « On marque les grandes lignes de tous les plans d’abord. Le premier plan a toujours plus de détail que les plans lointains , c’est ce qui donne de la profondeur et donne l’impression de relief. »

4/Proportionner avec une unité de mesure

Comment représenter fidèlement les proportions d’un paysage à l’oeil nu et sans matériel ? Léa a une méthode simple, empruntée aux peintres naturalistes : choisir une unité de mesure dans le paysage, typiquement un sapin, et tout proportionner par rapport à lui.

La technique concrète : bras tendu, crayon à la verticale, on mesure à l’œil la hauteur du sapin de référence. Puis on compare : cette montagne fait combien de « sapins » de haut ? Ce chalet est à combien de « sapins » du premier plan ? On transpose ces rapports sur la feuille.

La fausse bonne idée : les jumelles. Elles perturbent trop la perception des proportions et des distances.

Dernier point sur l’ordre des opérations : une bonne partie du dessin, c’est la construction : les lignes de structure, les plans, les proportions. Les ombres viennent dans un troisième ou quatrième temps seulement. Et certains sujets sont particulièrement exigeants : un coucher de soleil, par exemple, c’est une épreuve chronométrée — à réserver pour plus tard.

stage rando dessin tout niveau, ouvert à tous ©Lea Thevenot

5/ Dessiner pour vous : pas pour les autres

Le dernier frein, souvent le plus puissant, c’est le regard des autres. La peur de montrer un dessin raté, la gêne de sortir un carnet au milieu d’un groupe, la timidité de s’installer dans un refuge pour griffonner alors que tout le monde regarde. Léa l’a vécu personnellement et le voit dans ces stages : « Vous n’êtes pas obligé de montrer votre dessin. Beaucoup de gens qui dessinent ne montrent jamais rien. C’est intime et c’est parfaitement normal.« 

Ce n’est pas un concours. Le carnet est d’abord un plaisir personnel, une compétence à developper pour créer un souvenir autrement qu’en photo. Et pour ceux qui hésitent à sortir le carnet dans un lieu public : dessiner impressionne, mais plutôt dans le bon sens. Les gens s’arrêtent, regardent, admirent.

CE QUE ÇA CHANGE VRAIMENT : Dessiner en randonnée, c’est ajouter une dimension entière à la sortie pour un poids minime dans le sac ! Un carnet léger, une petite trousse, et soudain chaque pause devient un moment à part entière, pour son plaisir.

Apprenez à dessiner avec Léa Thevenot de Pierre Feuille Rando :


Points clés :

  • Léa Thévenot encourage tout le monde à dessiner en pleine nature, indépendamment de leur niveau.
  • Profitez du chemin en vous concentrant sur l’observation plutôt que sur le résultat final, c’est essentiel.
  • Cadrer votre paysage avec les doigts aide à choisir un sujet gérable pour votre dessin.
  • Utilisez une unité de mesure pour représenter fidèlement les proportions d’un paysage.
  • Dessinez pour vous-même, sans vous soucier du regard des autres, et profitez pleinement de votre expérience en randonnée dessin.

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